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Le « triangle de la tension » : comment le contenu sexy capte l’attention sur les réseaux sociaux

À partir de phénomènes viraux sur TikTok, Fanel décrit une mécanique fondée sur l’audience, l’algorithme et la monétisation.

Pourquoi certains contenus sexy semblent-ils occuper une place si importante dans les fils d’actualité et les directs sur les réseaux sociaux ? Dans sa vidéo, Fanel propose une lecture de cette mécanique à travers ce qu’il appelle le « triangle de la tension ». Selon lui, trois forces se nourrissent mutuellement : l’audience, l’algorithme et l’argent.

Son analyse s’appuie notamment sur deux phénomènes devenus viraux : les vidéos de danse de Kelly Badi en 2022 et les lives nocturnes attribués à Nikapul en 2024. Au-delà de ces cas précis, le vidéaste interroge le rôle de l’attention des internautes dans la visibilité et la monétisation de ce type de contenu.

De la danse virale au spectacle en direct

Fanel revient d’abord sur le parcours viral de Kelly Badi, présentée dans la vidéo comme une jeune Togolaise vivant aux États-Unis. En 2022, ses vidéos TikTok, construites autour d’une danse, d’une tenue moulante et de mouvements de déhanché, se seraient rapidement diffusées bien au-delà de la plateforme.

Le créateur souligne la simplicité du format. Il ne nécessite ni mise en scène sophistiquée ni compétence technique particulièrement visible. Cette accessibilité permettrait à de nombreuses personnes de reproduire facilement la danse, avec ou sans variantes. Les reprises alimenteraient alors la tendance, tandis que la multiplication des vidéos encouragerait leur diffusion.

Dans cette lecture, la dimension sexy ne remplace pas la simplicité : elle s’y ajoute. Elle attire le regard, retient l’attention et provoque des réactions contrastées. Certains internautes applaudissent, d’autres critiquent, mais ces réactions participent toutes à la circulation du contenu.

Fanel y voit un signal adressé aux personnes qui cherchent à gagner en visibilité : sur les réseaux sociaux, l’exposition du corps ou des codes de séduction peut apparaître comme un raccourci pour percer. Il ne présente pas cette idée comme une règle universelle, mais comme une logique de plus en plus visible dans les contenus qu’il observe sur TikTok et Instagram.

Les lives « Cuit Lolo » comme amplification du modèle

La vidéo évoque ensuite le cas de Nikapul, décrit comme un étudiant ivoirien de 21 ans vivant aux États-Unis. En 2024, il aurait lancé des directs nocturnes baptisés « Cuit Lolo », dans lesquels des adolescentes sont invitées à danser et à twerker devant une audience en ligne.

Selon les chiffres avancés par Fanel, certains de ces lives auraient réuni plus de 150 000 personnes connectées simultanément, et un pic aurait dépassé 200 000 spectateurs. Le vidéaste compare cette audience à plusieurs stades de football remplis et connectés au même moment. Ces données sont rapportées dans la vidéo comme l’illustration d’un phénomène de très grande ampleur.

Le format ne serait pas entièrement nouveau. Fanel mentionne des lives Instagram popularisés en Europe pendant le confinement, notamment par un créateur qu’il nomme No Luny. Toutefois, il estime que Nikapul aurait transformé ce type de direct en rendez-vous régulier et organisé : annonce des soirées, attente du public, animation et montée en tension pendant le live.

Pour le vidéaste, la différence se situe donc dans la mise en scène et la régularité. Le contenu ne repose plus seulement sur une vidéo isolée susceptible de devenir virale ; il devient un spectacle collectif programmé, soutenu par une communauté de spectateurs.

Quand l’attention devient une source de revenus

Le troisième élément mis en avant est la monétisation. Fanel explique que les spectateurs peuvent envoyer des cadeaux virtuels pendant les directs TikTok. Il cite notamment la rose, la galaxie et le lion, des cadeaux achetés avec de l’argent réel.

Il avance que Nikapul gagnerait en moyenne entre 2 et 3 millions de francs CFA par live, soit entre 3 000 et 4 500 euros selon l’équivalence donnée dans la transcription. Lors de certaines soirées records, les revenus auraient pu atteindre jusqu’à 8 millions de francs CFA, soit plus de 12 000 dollars d’après le vidéaste. Ces montants sont présentés comme des estimations rapportées dans son analyse.

La logique décrite est circulaire : plus les participantes dansent, plus l’audience réagit ; plus l’audience réagit, plus les cadeaux peuvent affluer ; et plus les cadeaux arrivent, plus le spectacle est susceptible de se poursuivre. Fanel qualifie ce mécanisme de cercle vicieux ou de cercle vertueux, selon le point de vue adopté, tout en soulignant son potentiel économique.

Il évoque également d’autres voies de revenus associées à la notoriété numérique : monétisation sur les plateformes, placements de produits et collaborations avec des marques. Dans le cas de Kelly Badi, il indique ainsi que son buzz aurait attiré l’attention de marques souhaitant travailler avec elle.

Le « triangle de la tension » : audience, algorithme et argent

Le cœur de la vidéo repose sur un modèle en trois parties que Fanel nomme le « triangle de la tension ».

1. L’audience

Le premier moteur est le public. D’après le vidéaste, les contenus qui font réagir attirent davantage l’attention, et les codes sexy constituent un puissant facteur d’arrêt dans le défilement des vidéos. Une danse, une tenue moulante ou un regard peuvent conduire l’internaute à rester quelques secondes de plus sur une publication.

Fanel affirme que les contenus montrant davantage le corps génèrent plus de mentions J’aime et de commentaires. Il s’appuie sur cette idée pour expliquer pourquoi la sensualité peut devenir une ressource centrale dans la conquête de visibilité.

2. L’algorithme

Le deuxième moteur est l’algorithme. Dans l’analyse proposée, celui-ci ne porte pas de jugement moral sur un contenu : il observe surtout des signaux comme le temps d’attention, les interactions et la capacité à retenir les utilisateurs.

Lorsqu’une vidéo ou un live capte durablement le public, la plateforme est alors susceptible de le montrer à davantage de personnes. Cette diffusion augmente les vues, ce qui produit à son tour de nouveaux signaux favorables. Fanel évoque également des révélations selon lesquelles TikTok favoriserait des vidéos jugées plus attirantes afin de maximiser la rétention, sans détailler ces révélations dans la transcription.

3. L’argent

Le dernier moteur est financier. Le temps passé à l’écran peut générer des revenus publicitaires pour les plateformes. De leur côté, les créateurs peuvent accéder à différentes formes de rémunération : partage de revenus, cadeaux virtuels ou opérations avec des marques.

Pour Fanel, c’est à ce stade que la boucle s’accélère. Si l’attention procure des revenus, les créateurs ont intérêt à reproduire les formats qui fonctionnent, voire à les rendre plus intenses pour conserver l’intérêt du public.

Une économie de l’attention à laquelle les spectateurs participent

La vidéo ne place pas uniquement la responsabilité sur les créateurs ou les plateformes. Fanel estime que les internautes participent eux aussi au système par leurs clics, leurs vues, leurs mentions J’aime, leurs partages et leurs cadeaux.

Son propos est que l’attention agit comme une forme de monnaie : regarder un contenu contribue à sa circulation et, dans certains cas, à son financement indirect par la publicité ou direct par les cadeaux virtuels. Cette idée l’amène à poser une question collective : quels types de contenus les utilisateurs choisissent-ils de soutenir par leur temps d’écran ?

Il mentionne enfin OnlyFans comme l’aboutissement possible de cette logique de monétisation directe, où les abonnements rémunèrent directement les créateurs. Dans sa présentation, ce modèle réduit la dépendance à la viralité algorithmique en installant une transaction explicite entre contenu et paiement.

Le « triangle de la tension » ne disparaît donc pas nécessairement : pour Fanel, il peut fonctionner avec différents types de contenus. Son interrogation porte moins sur l’existence de cette mécanique que sur ce que les publics, les plateformes et les créateurs choisissent d’y placer.

FAQ

Qu’est-ce que le « triangle de la tension » ?

C’est l’expression utilisée par Fanel pour désigner l’interaction entre l’audience, les algorithmes et l’argent. L’audience réagit à un contenu, l’algorithme peut en accroître la diffusion, puis cette visibilité peut produire des revenus.

Pourquoi les contenus sexy deviennent-ils viraux selon cette analyse ?

Selon la vidéo, ils attirent facilement le regard, suscitent des réactions et peuvent retenir l’attention. Ces signaux favorisent ensuite leur circulation sur les plateformes.

Quel rôle jouent les cadeaux virtuels pendant les lives ?

Les cadeaux virtuels sont payés par les spectateurs avec de l’argent réel. Dans l’analyse de Fanel, ils permettent de transformer l’attention en revenus directs pour les créateurs qui animent les lives.

Source vidéo

Vidéo YouTube : Une vidéo de Fanel : Le SEXY : ce nouveau fléau d’Internet fait ravage.

La Seductrice

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